Les c…, ça ose tout !

 

Par Alain Sanders

« Les c…, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. » Signé Michel Audiard. On peut, hélas ! le vérifier tous les jours. Et dans tous les domaines : cinéma, théâtre, sport, politique bien sûr. Quelques exemples ? Soit…

Pour commencer, et pour rester dans l’esprit d’Audiard, l’adaptation théâtrale du roman d’Antoine Blondin, Un singe en hiver, adapté au cinéma en 1962 par Henri Verneuil. Avec Jean Gabin et Jean-Pierre Belmondo. Dialogues de Michel Audiard (et qui d’autre ?).

Pour tenir le rôle de Gabin, un gros be(a)uf, Eddy Mitchell. Pour celui que tenait Belmondo, Fred Destot, ancien faire-valoir d’Omar Sy. Au bilan ? C’est lourd, poussif, saoulant (et paradoxalement pas la moindre ivresse !). Eddy Mitchell et Fred Destot (pourtant moins pire que l’autre) à côté de Gabin et de Belmondo, acteurs de haute cuvée, c’est de l’imbuvable piquette.

Autre histrion indécent, François Cluzet, acteur médiocre et insipide. Président de la cérémonie des Césars, il s’est permis – et ça tombait en plus comme un cheveu sur la soupe – de s’en prendre bassement à Alain Delon. Un nain face à un géant… A ce niveau-là, Delon a raison : on ne répond pas, on méprise.

Côté sport maintenant. Avec Djibrill Cissé, attaquant de Bastia. Alors que son club venait de prendre 3-0 par le PSG, une joyeuse déculottée, il n’a rien trouvé de mieux que de déclarer : « Je ne suis pas fan d’Ibrahimovic. » On peut aimer ou pas Zlatan Ibrahimovic. Il n’en reste pas moins que c’est un joueur et un butteur hors pair. Cissé qui, après une telle défaite, aurait pu faire profil bas, n’est pas fan d’Ibrahimovic ? Et après ? On imagine bien Ibrahimovic informé du tacle sournois de l’attaquant de Bastia, demander : « Mais c’est qui, ce Cissé ? »

Dans Libération, quotidien publié en France, un certain Rachid Laïreche dresse le portrait de Kader Arif (1), ministre délégué des Anciens combattants, et fils de harki. Laïreche écrit texto : « Une cinquantaine d’années auparavant, mon père (proche du FLN) aurait pu fusiller le sien (combattant avec l’armée française) et vice versa. »

On en est là ! Dans Libération, en France, un rejeton de sympathisant (il n’était que « proche », ce qui veut dire tout et n’importe quoi) du FLN peut déclarer, comme qui rigole, que son père aurait pu fusiller le père de Kader Arif. A savoir un soldat français ! On vit décidément une drôle d’époque…

Toujours dans Libération, où une turpitude chasse l’autre, le dessinateur Willem, qui écrit le français comme une vache l’espagnol, a publié un dessin représentant Copé chez le médecin. Sous sa chemise, on voit sortir de son ventre le visage de Marine Le Pen, façon alien. Et Copé demande : « C’est grave, docteur ? » De l’humour, ça ? Si les ignobles caricatures du Völkisher Beobachter de sinistre mémoire étaient de l’humour, alors oui. Sinon…

Dans Marianne, où officiait naguère un certain Jean-François Kahn qui vient de sortir un livre pour dénoncer les médias parce qu’ils serinent tous la même chose (belle découverte : oui, Kahn aussi ose tout…), Nicolas Domenach s’indigne que Marine Le Pen soit « omniprésente (sic) dans les médias ». Sous le titre : « Tsarine Le Pen, star des hauts plateaux. »

Le tout s’accompagne de termes un coup haineux, un coup sexistes et qui, assénés à n’importe quelle autre personnalité politique, seraient dénoncés comme tels : « Extrémiste ripolinée de blond », « dédiabolisée, elle n’en reste pas moins le diable », « Elle divague », etc.

Audiard, réveille-toi, ils sont devenus fous !

(1) Sur lequel il y aurait beaucoup à dire par ailleurs…

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