Après l’esclavage sexuel, le commerce d’organes humains!!!

L’esclavage sexuel de l’État islamique (EI) est sujet à débat depuis le kidnapping de femmes yazidies par le groupe à Sinjar, en Irak, en juin et juillet 2014. Les combattants et partisans de l’EI avaient alors immédiatement nié toute exploitation sexuelle des femmes. Ce discours a changé lorsque l’EI a publiquement reconnu que les combattants de l’organisation retenaient en captivité des esclaves sexuelles, dans la quatrième édition de son magazine en anglais Dabiq, publié le 12 octobre 2014, justifiant cette pratique en citant des interprétations religieuses.

Les combattants et partisans de l’EI discutent ouvertement du sujet sur les réseaux sociaux, par exemple en abordant la question de savoir si les femmes peuvent légitimement être réduites en esclavage selon les préceptes religieux de l’islam. Ces conversations sur les réseaux sociaux révèlent aussi des informations sur les lieux où ces femmes sont détenues, leurs conditions de vie, leur prix actuel et d’autres questions, telles que la possibilité de faire du commerce d’organes humains.

L’EI pour sa part est fermement convaincu que cette pratique bénéficie tant aux esclaves et maîtres qu’à la société en général, alléguant que les esclaves tirent profit de leur situation qui leur permet de découvrir l’islam et de pouvoir se convertir. Parmi les défenseurs de l’esclavage sexuel figurent de nombreuses femmes, membres et supporters de l’EI, qui en font l’éloge sur les réseaux sociaux et dans des articles et publications de l’EI.

L’EI est conscient que la question de l’esclavage sexuel est très sensible, en particulier en Occident ; aussi l’utilise-t-il ouvertement pour menacer et provoquer ses ennemis. Ainsi, dans la neuvième édition de Dabiq, publiée le 21 mai 2015, un article présentait un scénario dans lequel la Première Dame, Michelle Obama, était vendue au marché des esclaves.

Si l’EI et ses partisans soutiennent et encouragent l’esclavage sexuel, la question de savoir qui exactement peut être réduit en esclavage divise. Si le groupe maintient que les femmes musulmanes ne sont pas concernées, des discussions sur les réseaux sociaux le démentent. Des faits indiquent que des femmes musulmanes appartenant à des groupes qualifiés par l’EI d’apostats ou d’infidèles – comme les chiites et même des musulmans sunnites qui ne partagent pas son idéologie – sont aussi réduites en esclavage. En outre, des femmes musulmanes seraient réduites au même sort par des combattants kurdes.

La question de l’esclavage sexuel est également un sujet de vives tensions entre l’EI et Jabhat Al-Nuosra (JN). Les membres de JN et les chefs religieux pro-JN accusent l’EI de capturer des femmes du groupe pour en faire des esclaves sexuelles, une accusation démentie par l’EI. Des discussions sur les réseaux sociaux de membres de JN montrent que le groupe dénonce l’esclavage sexuel en s’appuyant sur les opinions de cheikhs considérés comme des autorités religieuses incontestables, tel Abu Qatada Al-Falastini, qui s’y oppose avec véhémence et critique avec force l’EI pour son soutien à cette pratique.

Selon JN, la capture de femmes non musulmanes pour en faire des esclaves sexuelles risque d’entraîner des représailles des ennemis des musulmans. Certains membres du groupe considèrent même l’esclavage sexuel comme un viol, un grave délit dans l’islam.

Le rapport en anglais (suivre plus bas le lien) examine les déclarations officielles de l’EI sur ce sujet ainsi que des échanges sur les réseaux sociaux de partisans et de membres de l’EI en Occident. Il présente aussi le point de vue de JN, notamment à partir de discussions sur les réseaux sociaux, et illustre le conflit entre les deux principaux groupes rebelles opérant en Syrie aujourd’hui.

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