Suite aux propos de deux sénateurs, Kirsten Gillibrand et Bob Graham, selon lesquels que un chapitre classifié de 28 pages du rapport sur les attentats du 11 septembre contiendrait des preuves de l’implication de membres du gouvernement saoudien, voire de la famille royale, les Américains montrent leur obstination à poursuivre en justice l’Arabie Saoudite. Des élus, républicains comme démocrates, du Sénat ont déjà rédigé un projet de loi qui permettrait de traduire les Saoudiens devant des tribunaux américains. Il a été déjà approuvé par le Comité de Magistrature du Sénat au mois du janvier mais il faut encore qu’il emporte la majorité des votes.
Barack Obama, de son côté, a annoncé que si le projet devait être adopté par le Sénat, il y apposerait son veto.
«Exactement, j’y suis opposé», a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne CBS News en précisant qu’une telle loi violerait un principe important du droit international : l’immunité des Etats.
«Si nous ouvrons la possibilité aux individus de poursuivre en justice les gouvernements d’autres pays, nous ouvrirons aussi la voie à ce que des individus d’autres pays lancent en permanence des actions en justice contre les États-Unis», a-t-il conclu.
Il a aussi refusé de s’exprimer ouvertement sur les responsabilités directes ou indirectes de l’Arabie Saoudite en déclarant que, malgré le bruit autour des fameuses 28 pages, le coordonnateur du renseignement américain Jim Clapper était encore «en train d’étudier la publication» et qu’il devait décider si cette dernière «ne mett[rait] pas en péril la sécurité nationale des États-Unis.»
La polémique autour de la publication de ces 28 pages classifiées a commencé après les propos tenus par Zacarias Moussaoui, en février dernier. Ce dernier, généralement désigné comme le 20e terroriste de ces attentats, a assuré à des avocats américains que des membres de la famille royale saoudienne avaient versé des millions de dollars à Al-Qaïda dans les années 1990.