La soirée des piranhas: bal des guignols ou farandole des faux-culs!

La primaire des Républicains, évidemment, c’est sur TF1. Avec, en guise d’apéritif dînatoire, Nikos Aliagas qui, après Jean-Luc Godard, donné pour le plus « con des Suisses pro-chinois », à en croire un graffiti situationniste datant de mai 68, demeure un Grec d’expression française parfois aléatoire, et n’est pas le couteau le plus affuté du tiroir, pour reprendre une vieille expression anglaise. Ensuite, Nicolas Canteloup, Laurent Gerra au petit pied, humoriste contrarié, puisque lorsque tentant d’imiter tel ou tel, interdit à l’auditeur de tenter de reconnaître celui qu’il entend caricaturer. En d’autres termes, le ton est donné. C’est du TF1. C’est du lourd. Du très lourd même, surtout quand terminant à près de minuit sonné.

Ensuite, l’émission. Entre bal des guignols ou farandole des faux-culs. Purge et suppositoire.

Ils sont sept. Nicols Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson. Sept mercenaires ? Non, juste sept couillons ; en désaccord sur les détails, mais en fait d’accord sur l’essentiel.
Nuit de grande turlute giratoire, façon pignolade consanguine où l’on ne parle finalement que de fric, de lignes budgétaires, de baisses d’impôt ou de hausses de TVA, sans jamais aborder les véritables problèmes, identité française et place de la France dans le monde, pour ne citer que ces seuls deux petits détails. Bref, une discussion de comptables pour lesquels deux plus deux feront toujours vingt-deux.

Nuit de morts-vivants politiques donc, indignés des effets des drames dont ils ont engendré les causes. Juppé se plaignant de guerres par lui déclenchées, Sarkozy pleurnichant sur un champ de ruines dont il est par ailleurs l’un des premiers responsables. Tous communiant en la défense d’un néo-capitalisme financier entraînant la France de crise en crise. Mais, tel que l’affirmait une Margaret Thatcher, sujette à un retour en grâce posthume : « There is no other way ». Ce qui, traduit dans la langue de Molière pourrait signifier : « Le capitalisme mondialisé, vous n’avez pas fini d’en bouffer ! »

Bref, les gugusses en question s’étant tous peu ou prou succédés aux affaires, persistent à nous expliquer ce qu’ils feraient au gouvernement si d’aventure ils en avaient les clefs, si d’aventure les neurones leur poussaient durant la sieste, en attendant une éventuelle greffe testiculaire.

Après, et au-delà de ce gadget politique que sont les primaires, de gauche comme de droite, et bidule importé des USA, il n’est pas fatalement incongru de se poser ces quelques questions :

François Mitterrand aurait-il organisé des primaires au PS ? Non. Il était le chef.

Jacques Chirac aurait-il toléré des primaires au RPR ? Non. C’était lui le patron.

Marine Le Pen permettrait-elle ces mêmes primaires au FN ? Allez lui poser la question.

PS : De tous ces piranhas, Jean-Frédéric Poisson n’était pas le pire du bocal.

Nicolas Gauthier – Boulevard Voltaire

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