Attentat (?!) sur un site classé Seveso…

Les enquêteurs privilégient la thèse d’un acte malveillant pour expliquer les départs de feu sur deux cuves distantes de 500 mètres, l’une d’essence et l’autre de naphta, à l’usine LyondellBasell basée à Berre-l’Etang.

Un incendie est survenu, mardi matin, sur le site pétrochimique LyondellBasell à Berre-l’Etang, dans les Bouches-du-Rhône. Deux cuves de stockage, distantes de 500 m l’une de l’autres et remplies de produits chimiques, ont été touchées. Aucun blessé n’est à déplorer mais la thèse d’un acte malveillant est privilégiée sur ce site classé Seveso.
D’après une source proche de l’enquête, deux explosions ont retenti sur le site aux environs de 3 heures du matin. «Pour le moment, les causes du sinistre restent à déterminer», a indiqué LyondellBasell dans un communiqué, ajoutant qu’«une enquête approfondie sera conduite». «Ces bacs contiennent des hydrocarbures de type essence», a précisé LyondellBasell.
L’incendie était plus difficilement maîtrisable sur l’une des deux cuves. La présence des pompiers a été renforcée et le feu est arrosé de mousse.
Le premier bac contient de l’essence tandis que le deuxième, d’une contenance de 40.000 m3, contient du naphta, un dérivé du pétrole issu de sa distillation. L’incendie sur le bac d’essence a pu être contrôlé et s’était éteint dans la matinée. Le feu ayant pris sur le naphta est, en revanche, plus difficile à maîtriser. Une «phase de temporisation avec une projection de mousse pour étouffer le feu», a été engagée dans la matinée, a détaillé la préfecture.
Les pompiers affectés au site ont été renforcés par un dispositif «d’une centaine de pompiers et une vingtaine de véhicules spécialisés» du Codis 13, a fait savoir la préfecture. Par ailleurs, un «barrage préventif» a été installé sur l’étang de Berre proche du site, pour prévenir toute pollution notamment pas les «eaux d’extinction». Vers 10 heures, environ 120 pompiers et 50 véhicules étaient présents sur place.

À proximité du site, un panache de fumée noire s’élevant des cuves était visible. La traînée de fumée était visible jusqu’à Marseille, précise France Bleu. Un «panache de fumée (se dirige) vers les communes alentour», a confirmé la préfecture, sans préciser la toxicité éventuelle de ces émanations.
L’aéroport de Marseille-Marignane se trouve à proximité du site. «A ce stade aucun impact sur la circulation aérienne n’est à déplorer», a précisé la préfecture. Plusieurs sorties de l’autoroute A7 ont néanmoins été fermées et des barrages de police et de gendarmerie empêchent l’accès au site.
Le panache de fumée noire était visible à plusieurs kilomètres de distance, notamment depuis Marseille.
Les enquêteurs privilégient la thèse d’un «acte malveillant» à l’origine de l’incendie. «Un acte malveillant est une hypothèse sérieuse», a confié une source proche du dossier à l’AFP. «Selon les premiers éléments de l’enquête, la probabilité que ces deux incendies de cuves distantes de 500 mètres puisse être accidentelle est très faible. Les enquêteurs privilégient la thèse d’un acte volontaire», a affirmé une autre source proche de l’enquête.
Un incendie avait déjà touché en 2011 une raffinerie du groupe située près de l’étang de Berre, à environ un kilomètre du site touché mardi. Mais en 2011, c’était «une fuite» avec «peut-être un départ de feu» qui avait été «très vite maîtrisé», croit se souvenir le responsable. Cette fois l’incident «n’a rien à voir», a-t-il souligné: c’est «plus embêtant un bac, car vous avez 40.000 m3 d’hydrocarbures qui sont en train de brûler, c’est une grosse quantité» alors que «dans une unité, n’importe quel incendie s’éteint généralement beaucoup plus vite».
Construit par Shell en 1929, le site de LyondellBasell, qui s’étend sur près de mille hectares au bord de l’étang de Berre, emploie environ 1000 personnes et de nombreux sous-traitants. Il comprend un vapocraqueur et des unités de polypropylène et de polyéthylène de taille mondiale. Il compte également des unités chimiques et des installations logistiques telles que des équipements portuaires, pipelines, terminaux de stockage et de distribution. En avril 2014, sa fermeture avait été annoncée après plusieurs mois de négociations infructueuses.

 

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