Brésil / Le représentant des Tupinamba interdit de rendez-vous avec le pape !

Le 4 avril au Vatican, Dom Erwin Kräutler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI et évêque du Xingu, accompagné par Paulo Suess, conseiller théologique de l’entité, ont été reçus par le pape François. Objet de l’audience : les violations des droits des indigènes. Les représentants du CIMI ont remis une note au pape dans laquelle ils dénoncent “les groupes politiques et économiques liés avec l’agro-industrie, les compagnies minières et de travaux publics qui, avec l’appui et la participation du gouvernement brésilien, tentent de révoquer les droits des peuples indigènes.” Sont également évoqués : la paralysie de la démarcation des Terres indigènes; l’augmentation de la violence contre les personnes; le confinement, sur des aires restreintes, des peuples indigènes dans le Mato Grosso do Sul; la précarité de l’assistance sanitaire dans la Vallée du Javari et les dégâts causés par l’hépatite B; l’impact environnemental des entreprises des compagnies de développement comme dans le cas de la construction de l’usine hydroélectrique de Belo Monte; le risque d’extermination des peuples isolés. La note rappelle également la rencontre avec un jeune indigène lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro en juillet 2013* et l’espoir exprimé par celui-ci de voir le pape les aider à protéger leurs terres.

Selon une information de source vaticane, le pape François a demandé à l’évêque de collaborer à la rédaction d’une encyclique sur l’écologie.

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Le 17 avril, le CIMI a annoncé l’interdiction faite au leader Tupinambá, Rosivaldo Ferreira da Silva, connu sous le nom de Cacique Babau, de quitter le pays alors qu’il avait reçu son passeport pour se rendre à Rome. Il était invité par la Conférence des Evêques du Brésil – CNBB à assister à une cérémonie liée à la récente canonisation – le 3 avril dernier – du Père José de Anchieta, un jésuite qui a vécu au Brésil au 16e siècle. Il était prévu que le cacique rencontre le Pape François et lui remette un document sur la question indigène au Brésil. Le 24 avril, après une audience publique à la Chambre des députés, le Cacique s’est présenté à la police fédérale. Une campagne a été lancée pour demander sa libération. Le 29 avril, le juge Sebastião Alves dos Reis, du Tribunal Supérieur de Justice a décidé sa mise en liberté. Mais son rendez-vous avec le pape François n’a pas eu lieu…

Le Cacique Babau est présenté comme l’un des défenseurs des droits humains dans une brochure “Dix visages de la lutte pour les droits humains au Brésil” éditée en décembre 2012 par l’ONU au Brésil, en partenariat avec diverses entités, parmi lesquelles le Secrétariat des Droits humains de la Présidence de la république. Un document consacré à la protection de ces défenseurs.

Le territoire des Tupinambá est situé dans le sud de l’État de la Bahia. Depuis le début de l’année, la tension est forte entre indigènes, qui réclament la démarcation de leur terre, et les fazendeiros. Le gouverneur de l’État de Bahia a demandé la présence de l’armée pour assurer le maintien de l’ordre.

Les ancêtres des Tupinambá peuplaient la bande côtière de la région de Porto Seguro quand le Portugais Pedro Álvares Cabral a accosté au Brésil le 22 avril 1500.

L’équipe suisse de football a choisi la localité de Porto Seguro pour y établir son camp de base pendant le Mondial. La “Nati” est donc dans l’un des hauts-lieux de l’histoire brésilienne. Une histoire pas encore vraiment pacifiée…

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