Pourquoi ceux qui ont soutenu Bensoussan ne soutiennent pas Ménard? (Vidéo)

La 17e chambre a décidément beaucoup de travail, en ce moment. Le 25 janvier, le procès de Georges Bensoussan a duré jusqu’à une heure du matin. Il est vrai que l’homme était poursuivi par cinq associations dites antiracistes (la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme et le CCIF) ainsi que par le parquet.  Ce 8 mars, Robert Ménard retrouvait presque la même meute face à lui avec, en plus, l’Union des étudiants juifs de France et la Maison des Potes.

Il est intéressant de comparer ces deux procès, pour nombre de raisons. D’abord, qu’ont dit de si grave ces deux hommes pour susciter une telle levée de boucliers et les poursuites du parquet ? L’historien de la Shoah a affirmé, s’appuyant sur les propos d’un sociologue algérien, sur France Culture : « Dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait – mais personne ne veut le dire -, l’antisémitisme, on le tête avec le lait de la mère. »

Le maire de Béziers, quant à lui, sur un tweet, avait écrit : « Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91 % d’enfants musulmans. Évidemment, que c’est un problème. »

Autre différence notable, le procès de Georges Bensoussan a indigné des personnalités comme Alain Finkielkraut et Élisabeth de Fontenay, qui ont témoigné pour l’historien. Élisabeth Badinter, Michèle Tribalat, Pascal Bruckner, Haïm Korsia, le grand rabbin de France ont fait connaître leur soutien à l’auteur des Territoires perdus de la République.

Boualem Sansal a envoyé une lettre au tribunal, allant dans le même sens. L’ancienne conseillère régionale socialiste Céline Pina a dénoncé, dans un article paru dans Le Figaro, « les indignations sélectives » des antiracistes. Martine Gozlan, dans Marianne, a elle aussi pointé du doigt ce procès, dans un remarquable texte intitulé « Leur objectif est d’interdire de penser ». D’autre part, beaucoup de sites de la réinfosphère ont multiplié les articles favorables à Georges Bensoussan, dénonçant cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression des maîtres censeurs de l’antiracisme.

Par contre, ces belles âmes, si sensibles à la liberté d’expression de l’auteur des Territoires perdus de la République, n’ont eu aucun mot pour soutenir le maire de Béziers, pourtant victime du même harcèlement judiciaire, de la part des mêmes inquisiteurs. Encore plus grave : certains d’entre eux se permettent, parfois, de hurler avec les loups, contre Robert Ménard et ceux qui osent s’inquiéter de la réalité migratoire de notre pays et de ses conséquences : l’islamisation de la France. Seuls les sites de réinformation qui avaient défendu Georges Bensoussan ont également soutenu le fondateur de Reporters sans frontières, montrant une cohérence dans la défense de la liberté d’expression qui manque cruellement aux amis de l’historien.

Ce mercredi 7 mars, Georges Bensoussan a été relaxé. On connaîtra le délibéré, pour le fondateur de Reporters sans frontières, le 25 avril prochain.

Si Robert Ménard devait être condamné, il serait difficile aux juges de convaincre les Français que cela ne sera pas une nouvelle preuve du « deux poids deux mesures » de notre justice.

En effet, quand on compare les deux phrases qui ont valu à l’un et à l’autre de se retrouver devant la 17e chambre, on a du mal à imaginer que le maire de Béziers puisse être sanctionné quand l’historien de la Shoah a été relaxé.

Mais dans la France de Hollande-Cazeneuve, avec une justice de plus en plus instrumentalisée par le pouvoir, on ne peut pas l’exclure.

Pierre Cassen – Boulevard Voltaire

 

Related Articles